Faire déborder Michael Moore

Michael et les images
Je me dis de plus en plus qu’on aurait tort de prendre Michael Moore pour un gugusse facile à écarter de nos bras de critiques « avisés », en attaquant ses films seulement pour des raisons ayant trait à une « morale du regard », celle du « vrai cinéma ». Ce sont des arguments valables bien sûr. Exemple : il suffit, pour comprendre comment Moore filme mal son « ennemi » dans « Bowling for Columbine », de comparer la scène finale, avec Charlton Heston, au travail de Claude Lanzmann dans « Un vivant qui passe ». Mais cela ne suffit pas.

Big Fat Michael est autre chose qu’un documentariste agité ou un journaliste égaré. Qu’on le veuille ou non, il est au centre du flux des images. Son travail doit être pris comme un syndrome ultra-contemporain, une forme hybride qui emprunte autant au cinéma militant qu’à la télévision. En quoi « Farenheit 9/11 » est un sale film, mais un film de 2004, contemporain de « Ten » d’Abbas Kiarostami, de certaines vidéos de Sophie Calle, des Colocataires, etc… Voilà ce que j’aimerais lire dans le déluge d’articles qui sortent ces jours-ci… et que je n’ai pour l’instant trouvé que dans… Métro, le gratuit, sous la plume d’un certain Jérôme Vermelin qui écrit :

« A une époque où les genres cinématographiques et télévisuels se multiplient et se confondent, on se demande par instants si Farenheit 9/11 est, au choix : a) un remake de La guerre des mondes ; b) une version géopolitique de la télé réalité ; c) l’épisode III de Star Wars avec un an d’avance et sans les soucoupes volantes. Un peu des trois ? Ou bien pire… »

C’est un début…

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Comments

Tlön
2004-07-08 22:57:12
J'avoue ne pas trés bien comprendre et précise par ailleurs n'avoir pas vue le film.
Que F.9/11 participe du flux d'image, c'est une évidence au même titre que la météo ou Sous le Soleil..mais en quoi en est il le centre? Par ailleurs la notion de centre me semble antinomique avec la notion de flux.
La "modernité" (guillemets de rigueur) et l'intérêt des exemples que tu donnes résident justement dans le fait de jouer justement avec la notion de flux, d'écoulement, du refus de s'organiser autour d'un centre.
Or il me semble que le propos de MM participe exactement du contraire : La recherche, le dévoilement d'un centre qu'il soit vrai ou phantasmé.
L'obsession de MM, et peu importe les moyens utilisés, c'est de mettre en plein dans le mille. Disons alors que nous sommes plutôt du coté de l'"Elephant"
Tlôn
2004-07-08 23:04:36
Précisons quand même que l'elephant en question na rien à voir avec le pachyderme républicain!
oj
2004-07-08 23:30:44
Je dis "centre" sans rapport avec "flux", tu as raison, ma phrase est maladroite voire fausse. Je m'étais promis de ne plus utiliser le mot flux parce qu'il n'est pas clair, trop fourre-tout. Tant pis. J'aurais dû écrire : MM est au centre de la civilisation des images, c'est à peu près ce que j'avais en tête mais l'expression me rebute.
Je dis au centre donc, tout bêtement parce qu'il attire l'attention, parce qu'on ne voit que lui - le film a fait le quatrième démarage de l'année sur Paris hier, mieux que Podium. Question de visibilité, occasion offerte de se poser la question du statut de l"'hybride" aujourd'hui. Je défends beaucoup les hybrides entre ciné, télé et art, mais celui-ci, non. Je tente de lancer quelques pistes pour comprendre ce que serait un "bon" et un "mauvais" hybride. A moins que ce ne soit pas la bonne question.
Enfin, je voulais dire dans cette note décidemment imprécise, et pour aller dans le sens de l'imaginaire pachydermique qui habite ton commentaire, que Farenheit 9/11 est un objet tout aussi contemporain que... Elephant de Gus Van Sant. Que c'est sur ce terrain-là qu'il faut l'analyser.
skoteinos
2004-07-09 08:59:48
Michael Moore s'auto-statufie fimiquement sur le cul de G. W. Bush.
skoteinos
2004-07-09 09:02:53
Ça me fait penser au commentaire du non moins démagogique UMP Pierre Lelouche à la sortie de la projection : «Ce film n'a rien a envier aux meilleurs films de propagande staliniens ».
Le con de socialiste interrogé avait bien entendu adoré.
Sinon, une pensée en cette matinée plusvieuse : le cinéma, c'est comme la télévision, c'est des images à regarder. Pas mal, non ?
Tlön
2004-07-09 10:30:28
Pas si bête Skotty...
Disons que on a longtemps cru (pour reprendre une formule de SD) que le cinéma c'était des images qui nous regardaient, et la télé des images que nous regardions ,la bonne hybridation ça serait alors des images qui nous regarderaient et que nous regarderions.(Suis je clair?!,sacrée concordance des temps!)
OJ, j'ai l'impression que tu es prisonnier du concept de contemporainité (a moins d'en donner ta définition) qui en matière d'histoire des formes n'a aucun sens. A la même époque peuvent coexister des formes relevant de demain, du présent et du passé. Les formes mise en jeu par GVS et MM sont effectivement contemporaines mais en quoi et ou coincident elles? A la notion de contemporainité, je préférerai donc celle de coincidence voire celle de point de coincidence.
Tout ça n'est peut être pas trés clair et mériterait certainement d'être approfondie...
Cordialement
oj
2004-07-09 11:27:11
Alors je suis, sur ce blog, et sur ce blog seulement je précise, prisonnier volontaire de la contemporanéité : le contemmporain pour moi est ce qui traverse le présent, ce n'est donc pas quelque chose qui exclut, surtout pas l'histoire, puisque j'y vois tout autant la peinture de Giorgione que les défilés Gaultier, le travail de Mike Myers que Ulysse de Joyce.
SInon, ton idée à partir de Daney est séduisante mais je crois que le plus urgent à définir est celui qui regarde : que fait le spectateur d'aujourd'hui devant Moore, devant Elephant, devant les colocs 24/24 etc. Skoteinos a déjà donné quelques pistes...
skoteinos
2004-07-09 12:18:51
Moralité : de l'indispensable définition des termes.
Si vous continuez à raconter des âneries, j'appelle Fulcanelli, ok?
Tlön
2004-07-09 13:26:46
Sur la première partie on est d'accord. Sur la deuxième ça se complique..on essaiera d'y revenir...
Au fait (et non sans rapport) est ce qu'il t'arrive de regarder "Sous le soleil"?
2004-09-23 14:31:28
c'est très intéressant de relevé le côté sur-contemporain, parcequ'il me semble bien qu'il n'ai fallut que 2 films connus d'un large public pour que d'autres s'empart du style et réalise un film sur l'alimentation par exemple...

autre question que je me pose c'est de savoir comme ces films sont perçus au état-unis même.
fuck you
2006-02-03 18:49:51
T'es vraiment qu'un connard avec ton blog de merde
fuck you
2006-02-03 18:51:19
dsl me suis trompé de blog....
on fait comme si javais rien dit

2007-11-05 18:46:49
I don't understand what do you want to say

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