08. July 2004
Faire déborder Michael Moore
Je me dis de plus en plus qu’on aurait tort de prendre Michael Moore pour un gugusse facile à écarter de nos bras de critiques « avisés », en attaquant ses films seulement pour des raisons ayant trait à une « morale du regard », celle du « vrai cinéma ». Ce sont des arguments valables bien sûr. Exemple : il suffit, pour comprendre comment Moore filme mal son « ennemi » dans « Bowling for Columbine », de comparer la scène finale, avec Charlton Heston, au travail de Claude Lanzmann dans « Un vivant qui passe ». Mais cela ne suffit pas.
Big Fat Michael est autre chose qu’un documentariste agité ou un journaliste égaré. Qu’on le veuille ou non, il est au centre du flux des images. Son travail doit être pris comme un syndrome ultra-contemporain, une forme hybride qui emprunte autant au cinéma militant qu’à la télévision. En quoi « Farenheit 9/11 » est un sale film, mais un film de 2004, contemporain de « Ten » d’Abbas Kiarostami, de certaines vidéos de Sophie Calle, des Colocataires, etc… Voilà ce que j’aimerais lire dans le déluge d’articles qui sortent ces jours-ci… et que je n’ai pour l’instant trouvé que dans… Métro, le gratuit, sous la plume d’un certain Jérôme Vermelin qui écrit :
« A une époque où les genres cinématographiques et télévisuels se multiplient et se confondent, on se demande par instants si Farenheit 9/11 est, au choix : a) un remake de La guerre des mondes ; b) une version géopolitique de la télé réalité ; c) l’épisode III de Star Wars avec un an d’avance et sans les soucoupes volantes. Un peu des trois ? Ou bien pire… »
C’est un début…
Big Fat Michael est autre chose qu’un documentariste agité ou un journaliste égaré. Qu’on le veuille ou non, il est au centre du flux des images. Son travail doit être pris comme un syndrome ultra-contemporain, une forme hybride qui emprunte autant au cinéma militant qu’à la télévision. En quoi « Farenheit 9/11 » est un sale film, mais un film de 2004, contemporain de « Ten » d’Abbas Kiarostami, de certaines vidéos de Sophie Calle, des Colocataires, etc… Voilà ce que j’aimerais lire dans le déluge d’articles qui sortent ces jours-ci… et que je n’ai pour l’instant trouvé que dans… Métro, le gratuit, sous la plume d’un certain Jérôme Vermelin qui écrit :
« A une époque où les genres cinématographiques et télévisuels se multiplient et se confondent, on se demande par instants si Farenheit 9/11 est, au choix : a) un remake de La guerre des mondes ; b) une version géopolitique de la télé réalité ; c) l’épisode III de Star Wars avec un an d’avance et sans les soucoupes volantes. Un peu des trois ? Ou bien pire… »
C’est un début…




Comments
Que F.9/11 participe du flux d'image, c'est une évidence au même titre que la météo ou Sous le Soleil..mais en quoi en est il le centre? Par ailleurs la notion de centre me semble antinomique avec la notion de flux.
La "modernité" (guillemets de rigueur) et l'intérêt des exemples que tu donnes résident justement dans le fait de jouer justement avec la notion de flux, d'écoulement, du refus de s'organiser autour d'un centre.
Or il me semble que le propos de MM participe exactement du contraire : La recherche, le dévoilement d'un centre qu'il soit vrai ou phantasmé.
L'obsession de MM, et peu importe les moyens utilisés, c'est de mettre en plein dans le mille. Disons alors que nous sommes plutôt du coté de l'"Elephant"
Je dis au centre donc, tout bêtement parce qu'il attire l'attention, parce qu'on ne voit que lui - le film a fait le quatrième démarage de l'année sur Paris hier, mieux que Podium. Question de visibilité, occasion offerte de se poser la question du statut de l"'hybride" aujourd'hui. Je défends beaucoup les hybrides entre ciné, télé et art, mais celui-ci, non. Je tente de lancer quelques pistes pour comprendre ce que serait un "bon" et un "mauvais" hybride. A moins que ce ne soit pas la bonne question.
Enfin, je voulais dire dans cette note décidemment imprécise, et pour aller dans le sens de l'imaginaire pachydermique qui habite ton commentaire, que Farenheit 9/11 est un objet tout aussi contemporain que... Elephant de Gus Van Sant. Que c'est sur ce terrain-là qu'il faut l'analyser.
Le con de socialiste interrogé avait bien entendu adoré.
Sinon, une pensée en cette matinée plusvieuse : le cinéma, c'est comme la télévision, c'est des images à regarder. Pas mal, non ?
Disons que on a longtemps cru (pour reprendre une formule de SD) que le cinéma c'était des images qui nous regardaient, et la télé des images que nous regardions ,la bonne hybridation ça serait alors des images qui nous regarderaient et que nous regarderions.(Suis je clair?!,sacrée concordance des temps!)
OJ, j'ai l'impression que tu es prisonnier du concept de contemporainité (a moins d'en donner ta définition) qui en matière d'histoire des formes n'a aucun sens. A la même époque peuvent coexister des formes relevant de demain, du présent et du passé. Les formes mise en jeu par GVS et MM sont effectivement contemporaines mais en quoi et ou coincident elles? A la notion de contemporainité, je préférerai donc celle de coincidence voire celle de point de coincidence.
Tout ça n'est peut être pas trés clair et mériterait certainement d'être approfondie...
Cordialement
SInon, ton idée à partir de Daney est séduisante mais je crois que le plus urgent à définir est celui qui regarde : que fait le spectateur d'aujourd'hui devant Moore, devant Elephant, devant les colocs 24/24 etc. Skoteinos a déjà donné quelques pistes...
Si vous continuez à raconter des âneries, j'appelle Fulcanelli, ok?
Au fait (et non sans rapport) est ce qu'il t'arrive de regarder "Sous le soleil"?
autre question que je me pose c'est de savoir comme ces films sont perçus au état-unis même.
on fait comme si javais rien dit