12. June 2004
Indo karaoké
Le plus beau single du moment n’est même pas sorti en single, ou alors il y a presque vingt ans. Je veux parler de Troisième Sexe d’Indochine repris par Miss Kittin, égérie électro qui sort son premier album solo ces jours-ci : d’une voix blanche, elle égrène les rîmes et les mélodies de Nicola Sirkis. C’est sublime. Les José Bové de la tek ont certainement déjà sorti leurs revolvers devant la trahison de Miss K. la grenobloise, tout comme les apôtres en sandales de l’anti-branchitude, puisque comme tous les vieux couples, les uns et les autres ont fini par se ressembler.
Ce n’est pourtant pas pour faire un commentaire sur l’authenticité ou non de la demoiselle que j’écris ce post, mais pour évoquer une phrase qu’elle a prononcée lors d’une interview donnée à Tracks, le magazine musical d’Arte : « J’ai fait en quelque sorte une version karaoké de Troisème Sexe. » Pour éviter toute confusion, je précise qu’elle ne parlait pas d’une version de la chanson destinée à être reprise en chœur dans les bars siglés Euro 2004, mais de la nature de son geste artistique.
J’ai été amené à croire ces trois dernières années que le « karaoké » était devenu une des voies les plus fructueuse de l’expression contemporaine. Non pas simplement la reprise ou le sample tels qu’inventés par le hip hop, mais la relecture stricto sensu de signes déjà existants, et leur assemblage décomplexé, non hiérarchisé, avec néanmoins un sens aigu de l'Histoire. Cette approche en apparence paradoxale a été certifiée d’abord par le cinéma (ma « spécialité ») et notamment par le film que je considère comme l’un des grands chambardements théoriques des dix dernières années, Austin Powers in Goldmember. Ah ah ah, ne riez pas trop vite, revoyez le, et reparlons au calme en écoutant Boys de Britney. Ensuite il y a eu l’expo Playlist au Palais de Tokyo. Aujourd’hui, il y a Miss Kittin, sans doute promise à la gloire avec cet album « I com », dont l’écoute rapide m’a confirmé dans mon intérêt : plusieurs styles s’y superposent de façon absolument radicale, de morceau en morceau on passe de l’électro la plus pure au hip hop old school, puis au funk puis au punk et enfin à la pop acidulée type Lio early 80’s. Vous n’avez aucune personnalité mademoiselle. Bravo, vous êtes la popstar du mois.
Ce n’est pourtant pas pour faire un commentaire sur l’authenticité ou non de la demoiselle que j’écris ce post, mais pour évoquer une phrase qu’elle a prononcée lors d’une interview donnée à Tracks, le magazine musical d’Arte : « J’ai fait en quelque sorte une version karaoké de Troisème Sexe. » Pour éviter toute confusion, je précise qu’elle ne parlait pas d’une version de la chanson destinée à être reprise en chœur dans les bars siglés Euro 2004, mais de la nature de son geste artistique.
J’ai été amené à croire ces trois dernières années que le « karaoké » était devenu une des voies les plus fructueuse de l’expression contemporaine. Non pas simplement la reprise ou le sample tels qu’inventés par le hip hop, mais la relecture stricto sensu de signes déjà existants, et leur assemblage décomplexé, non hiérarchisé, avec néanmoins un sens aigu de l'Histoire. Cette approche en apparence paradoxale a été certifiée d’abord par le cinéma (ma « spécialité ») et notamment par le film que je considère comme l’un des grands chambardements théoriques des dix dernières années, Austin Powers in Goldmember. Ah ah ah, ne riez pas trop vite, revoyez le, et reparlons au calme en écoutant Boys de Britney. Ensuite il y a eu l’expo Playlist au Palais de Tokyo. Aujourd’hui, il y a Miss Kittin, sans doute promise à la gloire avec cet album « I com », dont l’écoute rapide m’a confirmé dans mon intérêt : plusieurs styles s’y superposent de façon absolument radicale, de morceau en morceau on passe de l’électro la plus pure au hip hop old school, puis au funk puis au punk et enfin à la pop acidulée type Lio early 80’s. Vous n’avez aucune personnalité mademoiselle. Bravo, vous êtes la popstar du mois.




Comments
BEAU PORTRAIT DE LA MISS DANS LIBé
Incidemment(?) envie de relire le Pierre Ménard, auteur du "Quichotte"..Pour l'aprés match enfin le deuxième.
A suivre
Signé Whatfor ?
tu as "juste" oublié le "pas" dans ta phrase WhatforSébastien (pour quoi faire Sébastien?)
Je préférerais qu'il ne le soit pas, justement, pédant. Pédant whatfor? Pédant à quoi bon. Vouloir que les choses se plient, s'appliquent forcément à son idée, à son caprice, à son slogan, à sa théorie pas née de la dernière pluie, à son pop art, enfin à sa "spécialité", et viennent la/les "certifier" conforme (voyez, comme j'ai raison, comme j'ai bien vu, face à l'adversité!)... Il n'y aurait à dire que "bravo", "amen" tout le temps, pommade et compagnie? Pas mon style, tant pis, ne supportez pas la critique, tant pis.