11. May 2004
La fin de Friends
L’autre événement de cette dizaine américaine (avant, après la torture en Irak ? Non. En même temps) a été la diffusion jeudi soir du dernier épisode de Friends de toute la vie. La télé a enveloppé Ross, Rachel, Monica, Phoebe, Joey et Chandler d’un linceul de larmes plus ou moins de crocodiles, à deux millions de dollars les trente secondes de publicité. D’où cet étrange spectacle au Universal City Walk, lieu ahurissant où j’ai passé la soirée et dont vous voyez ici une vague photo : massés devant un écran géant entouré par un cinéma désert d’un côté et la grosse guitare du Hard Rock Café de l’autre, les spectateurs (moi y compris) n’ont pas quitté leur poste pendant 1 heure, au moins aussi attentifs à ces pubs si exceptionnelles – dont la sublime bande annonce de Spider-Man II, qui semble être passé du teen movie au mélodrame, on verra ça – qu’à la conclusion très Seinfeld, très pieds dans le ciment volontaire, du show.
J’avais promis, PAS DE SPOILER. Mais tout de même une chose : vu le délire proche d’un deuil provoqué par la fin de la sitcom (51 millions de spectateurs), il était passionnant de voir comment celle-ci serait ritualisée. Devant le magnifique panoramique final, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au texte de Daney sur le « Au revoir » de Giscard en 1981. Je me suis dit que les rituels de disparition télévisés d’aujourd’hui, inaugurés par les lumières s’éteignant une à une sur le plateau du Loft 1, ne semblent même plus avoir besoin des corps. Giscard avait marqué son départ en créant du hors-champ, en organisant le manque de lui-même à son départ du cadre. La semaine dernière, les acteurs de Friends étaient de tous les plateaux de télé, sur-présents à l’image, plus encore que lorsque le show était diffusé. Du coup, le hors-champ, ce n’était plus la vie des fantômes en dehors du cadre, mais le cadre lui-même, vidé d’un seul coup et transformé en souvenir – et en tombeau. Ce qui manquera, contre toute attente, ce ne sont pas les Friends, mais leur appartement. D’ailleurs, ils ont déposé les clefs.
Ça arrive début juin chez nous, et ça mérite un coup d’œil.
J’avais promis, PAS DE SPOILER. Mais tout de même une chose : vu le délire proche d’un deuil provoqué par la fin de la sitcom (51 millions de spectateurs), il était passionnant de voir comment celle-ci serait ritualisée. Devant le magnifique panoramique final, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au texte de Daney sur le « Au revoir » de Giscard en 1981. Je me suis dit que les rituels de disparition télévisés d’aujourd’hui, inaugurés par les lumières s’éteignant une à une sur le plateau du Loft 1, ne semblent même plus avoir besoin des corps. Giscard avait marqué son départ en créant du hors-champ, en organisant le manque de lui-même à son départ du cadre. La semaine dernière, les acteurs de Friends étaient de tous les plateaux de télé, sur-présents à l’image, plus encore que lorsque le show était diffusé. Du coup, le hors-champ, ce n’était plus la vie des fantômes en dehors du cadre, mais le cadre lui-même, vidé d’un seul coup et transformé en souvenir – et en tombeau. Ce qui manquera, contre toute attente, ce ne sont pas les Friends, mais leur appartement. D’ailleurs, ils ont déposé les clefs.
Ça arrive début juin chez nous, et ça mérite un coup d’œil.




Comments
Par ailleurs, il paraîtrait que Joey reprendrait son personnage dans une série qui lui serait entièrement et exclusivement consacrée. A quand Charlie sans ses drôles de dames, Starky sans Hutch et Chapeau melon sans ses bottes de cuir?
Sinon, cette guitare géante me rappelle les grosses mains vertes qu'agitent les spectateurs du Tour de France au passage des courreurs : outrance grossière et amusante.
Quoi qu'il en soit, ce "rituel de disparition" a été suffisamment bien orchestré par les service presse et marketing de NBC, pour que la diffusion de l'épisode final remporte tous les suffrages (pas autant que Seinfeld pourtant, mais l'époque est toute autre !), et tous les budgets pubs (merci O.J pour ces précisions chiffrées !).
La première émission d'adieu date de fin novembre. L'instigatrice de cette cérémonie en avant-première (6 mois avant la diffusion, et avant même que la fin ne soit couchée sur le papier !), Oprah Winfrey a mis pour l'occasion les petits plats dans les grands (reconstitution du Central Perk cafe dans ses studios de chicago, où sont enregistrées toutes ses quotidiennes) en réunissant sur son plateau le cast de la série culte au grand complet -opération rare-, et en réussissant à provoquer les larmes (assez facile quand même !) de Jen et de Courtney...
Cet episode en question de la Grand Messe de l'après-midi (ABC 3:00 p.m, tous les jours de la semaine, plus forte audience nationale depuis plusieurs décennies) a été un des plus gros succès pour le Oprah Winfrey Show, et le premier annonciateur "officiel" du spin off de la série.
Car, en effet Yoan, tu es bien informé : "Joey" (working title ?), la série qui succèdera à FRIENDS est en chantier, et le premier épisode est prévu à la diffusion pour la rentrée prochaine.
Même si on ne prévoit pas de grands bouleversements scénaristiques (ça reste un show familial), on est quand même curieux de savoir comment l'équipe Bright, Kaufmann & Crane a décidé de conclure cette aventure de dix ans.
To be continued sur Canal Jimmy...
Alors quid du "NBC must see TV" ? (Une autre grand messe télévisuelle, le jeudi à 8:00 p.m, avec à la queue leu-leu : FRIENDS, WILL & GRACE, un programme qui se cherche -dernièrement THE APPRENTICE-, et E.R !!! Prenez-vous ça dans la gueule France 2, TF1, et autre Canal 6 !).
Il est fort probable que tous les espoirs se reportent sur Will, Grace et leurs amis qui sont, contre toute attente, les dignes successeurs de la bande de potes. La série, jusqu'à présent, diffusée sur la première chaîne nationale française en VF (assez bonne adaptation, je dois avouer), le samedi après-midi (je suis plus sur de la programmation actuelle), est encore assez méconnue chez nous, mais elle vaut le détour (drôle, kitsch, queer, pas politiquement correcte, scatologique... En un mot : subversive !).
Allez-y voir de plus près, amis bloggeurs !
Personnage B: Il est à Cannes A?
Personnage A: Et pourquoi il ne blogue pas?
Personnage B: C'est l'esprit du voyage de OJ, il ne blogue qu'à Paris. Tu as bien vu, il ne bloguait pas non plus aux Etats-Unis.
Personnage A: Mais peut-être ne sait-il pas qu'on peut bloguer de partout.
Personnage B: Je ne crois. C'est son côté dandy. Tu as bien vu les lunettes de chez Colette
Personnage A: Mais c'est bien dommage. On est en manque OJ!
OJ: (silence cruel)