20. April 2004
Pop - et vice versa
La pertinente intervention de Skoteinos (sorry je ne sais pas faire les liens directs texte, alors, cliquez sur la colonne de droite pour visiter son blog et lire le post « C’est quoi pop ? ») me donne l’occasion de préciser deux ou trois choses. C’est quoi pop, donc ?
J’évite d’abord de dire que tout est dans le pop et que le pop est dans tout, même si je suis tenté.
Dans la langue de Britney Spears, pop est le diminutif de « popular » (« populaire » mais aussi « qui attire l’attention »). Pop culture signifie donc culture populaire. Le terme existe avant tout dans les pays anglo-saxons, lieux où le spectacle et le divertissement ne sont pas toujours considérés uniquement comme des abrutissements de masse. Quant Skoteinos s’étonne de mes innombrables références à Andy Warhol, il soulève une ambiguïté que je n’avais pas encore pris la peine d’éclaircir : en effet, le pop art n’est pas la pop culture. Le rôle central de Warhol, ce n’est pas vraiment un secret, a été d’être le premier à saisir l’importance de la consommation et du spectacle populaires, en mêlant dans son travail fascination, ironie et morbidité. Pas évident, mais il a réussi. Il a été une plaque tournante, un soleil, un relais. Son œuvre est une suite d’échanges, reprises et transformations de signes connus par tous. La pop culture, elle, s’est développée avant lui (puisqu’il en a été l’un des premiers commentateurs) mais le passage sur terre de l’artiste à moumoute péroxydée l’a transformée : depuis les années 60, beaucoup des nouveaux entertainers (chanteurs, acteurs, parfois cinéastes, j’en oublie) ont pris acte du pouvoir énorme que leur donne leur statut. Le jeu avec les signes, les attitudes, les accoutrements, les références, est devenu (surtout aux Etats-Unis) un passage obligé. Voir un exemple récent tout bête, celui du groupe de hip hop transversal Outkast, qui dans le clip de Hey Ya ! a mis en images la chanson numéro 1 de l’hiver 2004 en imitant une vieille émission de la télévision américaine. Voire aussi ce que dit Kelis, dans mon précédent post, de la posture de P Diddy.
Il n’y a que très peu d’innocence dans la pop culture actuelle nourrie plus ou moins lointainement par le pop art – non, « ces jeunes avec des grosses baskets, des casquettes vissées à l'envers et des grappes de femmes plantureuses dans des bras over-musculeux » ne SONT PAS pas « pareils à ces boîtes de soupes qui ignorent leur propre popitude » (Je remixe du Skoteinos).
Peu d’innocence, donc, voire même pas mal de cynisme, et il faut des qualités de slalomeur pour aimer certaines de ces icônes sérieusement quand tout, a priori, nous dit le contraire – mon post sur Usher, « Yeah, baby ! », est fait pour ça. Je tente donc de me placer dans ce terrain mouvementé, dans cet intervalle de pur présent ou la pop culture, arrogante, omniprésente et prétentieuse, est dans le même temps un passionnant lieu de réflexions, dans tous les sens du terme.
Alors une première définition: être pop veut dire, en plus de faire la queue à six heures du matin pour acheter des places pour le concert de Madonna, trouver l’art dans la culture – et vice versa. Toujours avec style. Popbisous à tou(te)s.
J’évite d’abord de dire que tout est dans le pop et que le pop est dans tout, même si je suis tenté.
Dans la langue de Britney Spears, pop est le diminutif de « popular » (« populaire » mais aussi « qui attire l’attention »). Pop culture signifie donc culture populaire. Le terme existe avant tout dans les pays anglo-saxons, lieux où le spectacle et le divertissement ne sont pas toujours considérés uniquement comme des abrutissements de masse. Quant Skoteinos s’étonne de mes innombrables références à Andy Warhol, il soulève une ambiguïté que je n’avais pas encore pris la peine d’éclaircir : en effet, le pop art n’est pas la pop culture. Le rôle central de Warhol, ce n’est pas vraiment un secret, a été d’être le premier à saisir l’importance de la consommation et du spectacle populaires, en mêlant dans son travail fascination, ironie et morbidité. Pas évident, mais il a réussi. Il a été une plaque tournante, un soleil, un relais. Son œuvre est une suite d’échanges, reprises et transformations de signes connus par tous. La pop culture, elle, s’est développée avant lui (puisqu’il en a été l’un des premiers commentateurs) mais le passage sur terre de l’artiste à moumoute péroxydée l’a transformée : depuis les années 60, beaucoup des nouveaux entertainers (chanteurs, acteurs, parfois cinéastes, j’en oublie) ont pris acte du pouvoir énorme que leur donne leur statut. Le jeu avec les signes, les attitudes, les accoutrements, les références, est devenu (surtout aux Etats-Unis) un passage obligé. Voir un exemple récent tout bête, celui du groupe de hip hop transversal Outkast, qui dans le clip de Hey Ya ! a mis en images la chanson numéro 1 de l’hiver 2004 en imitant une vieille émission de la télévision américaine. Voire aussi ce que dit Kelis, dans mon précédent post, de la posture de P Diddy.
Il n’y a que très peu d’innocence dans la pop culture actuelle nourrie plus ou moins lointainement par le pop art – non, « ces jeunes avec des grosses baskets, des casquettes vissées à l'envers et des grappes de femmes plantureuses dans des bras over-musculeux » ne SONT PAS pas « pareils à ces boîtes de soupes qui ignorent leur propre popitude » (Je remixe du Skoteinos).
Peu d’innocence, donc, voire même pas mal de cynisme, et il faut des qualités de slalomeur pour aimer certaines de ces icônes sérieusement quand tout, a priori, nous dit le contraire – mon post sur Usher, « Yeah, baby ! », est fait pour ça. Je tente donc de me placer dans ce terrain mouvementé, dans cet intervalle de pur présent ou la pop culture, arrogante, omniprésente et prétentieuse, est dans le même temps un passionnant lieu de réflexions, dans tous les sens du terme.
Alors une première définition: être pop veut dire, en plus de faire la queue à six heures du matin pour acheter des places pour le concert de Madonna, trouver l’art dans la culture – et vice versa. Toujours avec style. Popbisous à tou(te)s.





Comments
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Et pour les liens, cela s'apprend. Va sur le mot Skoteinos avec ta souris et ensuite tu cliques sur "Link". Ici tu mets l'adresse WWW de Skoteinos, c'est à dire
http://www.u-blog.net/skoteinos/note/122.
et tu cliques ok.
Maintenant, ça à l'air comme ceci:
<a href="http://www.u-blog.net/skoteinos/note/122">Skoteinos<a>
C'est simple, non?
Autre possibilité pour aujourd'hui:
tu copies la ligne <a href... d'en haut
dans ton texte. Fais attention d'oublier aucun des < et >
Avec toute l'amitié, le respect et l'admirationindéfectibles que je te porte, je ne puis toutefois m'enpêcher de te recommander de retravailler ta conclusion ("première défibition"), un peu hâtive et qui aurait tendance à saper ce qui précède…
Je tiens a dire que j'y suis allé de ma petite intervention (moins explicite, mais intéressante, il me semble !), en réponse à ton post P diddesque !