18. April 2004
Dans ta gueule - et après ?
Cette cover du numéro de The Face spécial bilan 2003 est comme un étendard de l’esprit du magazine : anti-wasp, porno-chic, bubblegum, stylé, graphiquement intelligent, agent provocateur, marquant. Une beautiful girl que je connais bien m’a offert vendredi soir, pour mon anniversaire, le numéro bientôt collector de mai 2004, avec sur la couverture Kelis & André 3000 de Outkast en créatures johngallianesques - shootées par David La Chapelle. Dans le texte qui leur est consacré, les deux divas underground du rap US mainstream (les non anglophones m’excuseront, je ne trouve pas d’autre moyen pour exprimer la posture contradictoire des deux zygotos) sont interviewées dans le restaurant de Justin Timberlake à L.A.. Et l’obsédé de théorie même sous trois couches de fraises tagada que je suis est frustré. Jamais rien n’est dit sur ce qui fait réellement la valeur de ces musiciens : une folie iconoclaste chez André 3000 et un autre type de démesure, sexuelle et enfantine à la fois, chez Kelis. Pas compliqué pourtant, ça saute aux yeux, au moins David La Chapelle, lui, l’a pigé en les prenant en photo.
Tout ça pour dire quoi ? Pour dire que même un magazine subtil comme The Face, si subtil que son nouveau propriétaire EMAP a décidé d’en arrêter la publication (scandale évidemment) est incapable de réfléchir deux secondes au moyen d’un texte à ce que par ailleurs, grâce aux images, aux titres, aux enchaînements visuels, il laisse clairement percevoir. Du coup, The Face reste (restait) exclusivement du côté de ceux qui montrent, qui produisent des signes, mais sont un peu embarrassés pour les commenter.
Ce qui me laisse penser que la culture pop d’aujourd’hui, si belle et si omniprésente, a cruellement besoin de commentateurs, chroniqueurs, écrivains autres que Brett Easton Ellis, et que ce besoin n’est pas anodin mais fondamental pour la comprendre et éventuellement l’aimer, c’est-à-dire pour surnager, swinguer etc dans le contemporain outrancier que nous traversons tous. C’est une question politique, bien sûr, et en un sens, c’est question tout sauf cool. Y'a du boulot.
PS Je connais une jeune fille qui a vu le garçon sur la photo dans un magasin Hello Kitty de Los Angeles et j'en suis fier
Tout ça pour dire quoi ? Pour dire que même un magazine subtil comme The Face, si subtil que son nouveau propriétaire EMAP a décidé d’en arrêter la publication (scandale évidemment) est incapable de réfléchir deux secondes au moyen d’un texte à ce que par ailleurs, grâce aux images, aux titres, aux enchaînements visuels, il laisse clairement percevoir. Du coup, The Face reste (restait) exclusivement du côté de ceux qui montrent, qui produisent des signes, mais sont un peu embarrassés pour les commenter.
Ce qui me laisse penser que la culture pop d’aujourd’hui, si belle et si omniprésente, a cruellement besoin de commentateurs, chroniqueurs, écrivains autres que Brett Easton Ellis, et que ce besoin n’est pas anodin mais fondamental pour la comprendre et éventuellement l’aimer, c’est-à-dire pour surnager, swinguer etc dans le contemporain outrancier que nous traversons tous. C’est une question politique, bien sûr, et en un sens, c’est question tout sauf cool. Y'a du boulot.
PS Je connais une jeune fille qui a vu le garçon sur la photo dans un magasin Hello Kitty de Los Angeles et j'en suis fier




Comments
Quand aux decisions de la World Company, d'anihiler tout ce qui reste d'esprit en ce monde : j'irai cracher sur leurs tombes ! Parce qu'ils crèveront avant nous ces MoFos !