By Olivier at 13:53
L'année où il produisait Lancelot de Lac de Robert Bresson, c'est-à-dire 1974, Jean Yanne réalisait un film dont j'ignorais avant la soirée d'hier jusqu'au titre : Les Chinois à Paris. Pendant que des blogueurs amis s'entredéchiraient à propos des lèvres rouge vif de Asia Argento, et entre deux laborieuses séances d'écriture, j'en ai vu quelques bouts sur C+.
Drôle d'effet : la violence politique du film dépasse le qualificatif d'anarchiste de droite qu'on pouvait lire ci où là à propos du misanthrope préféré des ménagères des années Pompidou. Mais le plus marquant, c'est le film lui-même, sa forme. Car avant de capitaliser sur son personnage de mini-Pialat (du début des années 80 jusqu'à sa mort, en gros), Yanne a été un cinéaste intéressant, un mini-Tati impromptu en quelque sorte.
Les défilés de l'armée populaire chinoise devant les Galeries Lafayette, l'hystérie d'une jeune blonde en tailleur devant sa voiture réquisitionnée par l'occupant, le goût des espaces et des architectures modernes transformées en terrain de jeu - et de mise en scène : tout cela ne trompe pas. Je découvre peut-être l'eau chaude mais ça m'a beaucoup étonné. En même temps, je n'en ai vu que la moitié. Qui saura m'éclairer?