Tragédie

Tragédie
Simplicité éclatante du direct, frontalité géniale de la télévision : ce soir, au moment où l'arbitre sifflait la fin de Danemark-Suède, sur un score de 2-2 qui éliminait les Italiens, ces derniers marquaient le but de la victoire contre la Bulgarie (2-1), pensant ainsi sauver leur peau. Pas de bol, les petits. Nous, on savait déjà tout. Sur le split-screen de la télé, on a vu ces deux actions si liées vivre leur vie chacune de leur côté. Les quelques secondes de joie des Italiens étaient confrontées au drapeaux agités avec rage dans les tribunes de l'autre stade. Par un simple effet Koulechov, on a cru que les Italiens pleuraient. C'était presque vrai, ça allait venir. Quand ils ont su que leur but marqué ne servait à rien, le split-screen est redevenu un instrument à faire jouer le contraste des sentiments (photo). Mais pendant ces quelques secondes d'indécision, il était autre chose, un montage nouveau, une suspension sidérante du sens. Et à ma grande surprise, j'étais triste pour les Italiens que pourtant je souhaite toujours voir perdre. Je les avais vus gagner et perdre au même moment, mais c'était leur victoire que j'avais aimé. Qui a dit que le foot à la télé était une horreur?