29. May 2004
By Olivier at 01:46
J’ai rattrapé ce soir le Alias diffusé dimanche dernier. Résumé certifié anti-spoiler : Chamonix/Zurich/Los Angeles, Sloane va mal (?), fait appel à une psy, Sydney et Vaughn volent une bouteille de Château Margaux 1953, Marshall se marie, Sark et la femme de Vaughn fricotent avec le Président du Jury du Festival de Cannes.
Pour aller vite : épisode d’une pureté et d’une virtuosité inégalables, concentré d’efficacité théorique. Car même s’il est ce que l’on peut appeler « de transition », c’est-à-dire qu’il est fait pour enclencher les pistes narratives qui vont animer la fin de la saison, dans le même temps, rien dans ce que les scénaristes veulent faire passer n’est là au détriment du suspens et de la mécanique émotionnelle de la série. Impression incroyable de voir une machine folle s’emballer et au même moment garder ses marques. Accélérer, rester en place. Transpirer, aimer. Scène clef : le mariage de Marshall alors qu’il pilote depuis Langley une opération ultra délicate qui se déroule à 10 000 kilomètres. Son amie s’apprête à accoucher et exige de se marier avant de partir à la clinique, soit dans les cinq minutes. Cinq minutes, c’est le temps imparti à Sydney et Vaughn pour sortir vivants de leur mission. Le compte à rebours sentimental est (littéralement) le même que celui de l’action, la scène est dédoublée. Tout Alias est là. Génial.
25. May 2004
By Olivier at 19:57
J-5 avant son concert parisien...
24. May 2004
By Olivier at 11:05
Je suis finalement ravi de la Palme d’or attribuée à Farenheit 911 de Michael Moore (que je n’ai pas vu, mais on m’en a parlé en long en large et en travers, c’est malheureusement le genre de film où ça suffit).
Pourquoi ? Parce que les abonnés du Monde Diplomatique et autres alter-vivants de toutes espèces vont tiquer : eux qui croyaient lutter contre le méchant système, les voilà partenaires officiels d’une récompense applaudie des deux mains par des dadames en robes Dior du milieu du cinéma. Autrement dit : le débat va enfin s’ouvrir grâce à cette unanimité suspecte du côté des « intelligents », sur l’intérêt fondamental des films de M. Moore. Démagogie, propagande, bien pensante, texte, image, etc, cette publicité délirante faite au film, incomparable à celle qu’avait reçu Bowling for Columbine, ne va pas manquer de susciter des analyses tout à coup empreintes de suspicion.
L'imposture enfin révélée ? Bientôt, peut-être, entendra-t-on dans les cafés tonner cette réplique qu’un ami à la fois drôle et malin a improvisé samedi soir :
« Incroyable, ils ont donné la Palme d’or à un reportage de Karl Zéro de la semaine dernière ! »
23. May 2004
By Olivier at 21:22
Faut-il retenir autre chose du Festival ?
11. May 2004
By Olivier at 10:24
L’autre événement de cette dizaine américaine (avant, après la torture en Irak ? Non. En même temps) a été la diffusion jeudi soir du dernier épisode de Friends de toute la vie. La télé a enveloppé Ross, Rachel, Monica, Phoebe, Joey et Chandler d’un linceul de larmes plus ou moins de crocodiles, à deux millions de dollars les trente secondes de publicité. D’où cet étrange spectacle au Universal City Walk, lieu ahurissant où j’ai passé la soirée et dont vous voyez ici une vague photo : massés devant un écran géant entouré par un cinéma désert d’un côté et la grosse guitare du Hard Rock Café de l’autre, les spectateurs (moi y compris) n’ont pas quitté leur poste pendant 1 heure, au moins aussi attentifs à ces pubs si exceptionnelles – dont la sublime bande annonce de Spider-Man II, qui semble être passé du teen movie au mélodrame, on verra ça – qu’à la conclusion très Seinfeld, très pieds dans le ciment volontaire, du show.
J’avais promis, PAS DE SPOILER. Mais tout de même une chose : vu le délire proche d’un deuil provoqué par la fin de la sitcom (51 millions de spectateurs), il était passionnant de voir comment celle-ci serait ritualisée. Devant le magnifique panoramique final, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au texte de Daney sur le « Au revoir » de Giscard en 1981. Je me suis dit que les rituels de disparition télévisés d’aujourd’hui, inaugurés par les lumières s’éteignant une à une sur le plateau du Loft 1, ne semblent même plus avoir besoin des corps. Giscard avait marqué son départ en créant du hors-champ, en organisant le manque de lui-même à son départ du cadre. La semaine dernière, les acteurs de Friends étaient de tous les plateaux de télé, sur-présents à l’image, plus encore que lorsque le show était diffusé. Du coup, le hors-champ, ce n’était plus la vie des fantômes en dehors du cadre, mais le cadre lui-même, vidé d’un seul coup et transformé en souvenir – et en tombeau. Ce qui manquera, contre toute attente, ce ne sont pas les Friends, mais leur appartement. D’ailleurs, ils ont déposé les clefs.
Ça arrive début juin chez nous, et ça mérite un coup d’œil.
09. May 2004
By Olivier at 21:18
En dix jours à L.A. (voilà donc pourquoi j’avais disparu), rien ne m’a plus impressionné que des images que beaucoup d’entre vous ont du voir en France, mais peut-être pas de manière extensive : l’interrogatoire en direct à la télévision de Donald Rumsfeld par une commission du congrès après la révélation d'actes de tortures perpétrés par des soldats américains en Irak. Pas super pop, dites-vous, à moins que l’abruti qui tient ce blog ait envie de comparer les photos dégueulasses d’amas de chairs entrelacées publiées dans la presse à des porno amateurs. Pas con, mais là n’est pas mon propos. Je vais pas recommencer si hardcore, les enfants aussi me lisent. Et en plus il fait vingt degrés de moins ici que là-bas. Je suis d'humeur maussade. Bye bye le pop pour la soirée.
Ce qui m’intéresse : l'interrogatoire de Rumsfeld a été très proche de l'idée que je me fais de la manière dont on doit filmer la vie démocratique en 2004.
En vrac : direct / télévision / sobriété / champ / contrechamp / question / réponse / contradiction / défense / attaque / morale / responsabilité / plan fixe / violence des échanges / communauté vs individu / visages creusés. Tout y était.
(Demain, récit SANS SPOILER du « finale » de Friends, vu sur écran géant dans l’irréel supermarché à ciel ouvert des Universal Studios – avec, miracle, de l'émotion.)