10. April 2004
Violence de Nietzsche (sur le monde vrai)
En écho aux quelques lignes de Deleuze postées avant-hier, un développement de notre maître à tous. Si quelqu'un me demande si cela est "pop", qu'il se creuse un peu la tête, qu'il repense à Andy Warhol, qu'il rallume sa télé, qu'il fasse preuve d'un peu d'imagination, quoi.
COMMENT, POUR FINIR, LE "MONDE VRAI" DEVINT UNE FABLE
Histoire d'une erreur
1. Le monde vrai, accessible à l'homme sage, pieux, vertueux - il vit en lui, il est ce monde.
(Forme la plus ancienne de l'idée, relativement habile, simplette, convaincante. Paraphrase de la formule: "Moi, Platon, je suis la vérité")
2. Le monde vrai, inaccessible maintenant, mais promis à l'homme sage, pieux, vertueux (Au "pêcheur" qui fait pénitence).
(Progrès de l'idée, elle s'affine, devient plus captieuse, plus insaisissable - elle devient femme, elle devient chrétienne...)
3. Le monde vrai, inaccessible, que l'on ne peut ni atteindre, ni prouver, ni promettre, mais qui, du seul fait qu'il est pensé, est consolation, engagement, impératif.
(Le vieux soleil au fond, mais traversant le brouillard et le scepticisme: l'idée devenue sublime, diaphane, nordique, koenigsbergienne.)
4. Le monde vrai - inaccessible? En tous cas, pas encore atteint. Et, puisque non atteint, inconnu. Ne constitue donc ni une consolation, ni un salut, ni une obligation : en quoi serions-nous engagés par quelque chose que nous ne connaissons pas?...
(Aube grise. Premier bâillement de la raison. Chant du coq du positivisme.)
5. Le "monde vrai", une idée qui ne sert plus à rien, qui n'engage même plus à rien - une idée inutile, superflue, par conséquent une idée réfutée : abolissons-là.
(Il fait grand jour; petit déjeuner; retour du bon sens et de la gaieté. Platon, le rouge de la honte au front. Tous les esprits libres font un vacarme de tous les diables.)
6. Nous avons aboli le monde vrai: quel monde restait-il? Peut-être celui de l'apparence?... Mais non! En même temps que le monde vrai, nous avons aussi aboli le monde des apparences !
(Midi: l'heure de l'ombre la plus courte. Fin de la plus longue erreur. Apogée de l'humanité.)
COMMENT, POUR FINIR, LE "MONDE VRAI" DEVINT UNE FABLE
Histoire d'une erreur
1. Le monde vrai, accessible à l'homme sage, pieux, vertueux - il vit en lui, il est ce monde.
(Forme la plus ancienne de l'idée, relativement habile, simplette, convaincante. Paraphrase de la formule: "Moi, Platon, je suis la vérité")
2. Le monde vrai, inaccessible maintenant, mais promis à l'homme sage, pieux, vertueux (Au "pêcheur" qui fait pénitence).
(Progrès de l'idée, elle s'affine, devient plus captieuse, plus insaisissable - elle devient femme, elle devient chrétienne...)
3. Le monde vrai, inaccessible, que l'on ne peut ni atteindre, ni prouver, ni promettre, mais qui, du seul fait qu'il est pensé, est consolation, engagement, impératif.
(Le vieux soleil au fond, mais traversant le brouillard et le scepticisme: l'idée devenue sublime, diaphane, nordique, koenigsbergienne.)
4. Le monde vrai - inaccessible? En tous cas, pas encore atteint. Et, puisque non atteint, inconnu. Ne constitue donc ni une consolation, ni un salut, ni une obligation : en quoi serions-nous engagés par quelque chose que nous ne connaissons pas?...
(Aube grise. Premier bâillement de la raison. Chant du coq du positivisme.)
5. Le "monde vrai", une idée qui ne sert plus à rien, qui n'engage même plus à rien - une idée inutile, superflue, par conséquent une idée réfutée : abolissons-là.
(Il fait grand jour; petit déjeuner; retour du bon sens et de la gaieté. Platon, le rouge de la honte au front. Tous les esprits libres font un vacarme de tous les diables.)
6. Nous avons aboli le monde vrai: quel monde restait-il? Peut-être celui de l'apparence?... Mais non! En même temps que le monde vrai, nous avons aussi aboli le monde des apparences !
(Midi: l'heure de l'ombre la plus courte. Fin de la plus longue erreur. Apogée de l'humanité.)



