Romance

Romance
Dans 2046, chaque plan est la nostalgie d’un autre pas encore tourné, chaque mouvement de caméra est une table rase d’où s’échappent pourtant des formes, des couleurs, leurs pères, leurs mères, leurs enfants. Dans 2046, il y a un corps qui dit ça, que l’effacement et la révélation simultanés sont le coeur du cinéma, même si cinéma est un gros mot, quand on lit encore Alain Bergala. Ce corps, c’est celui de Zhang Ziyi. Je l’ai revue ce matin dans House of Flying Daggers d’un autre Zhang, Yimou (d’ailleurs un joli film, comme une version site web IKEA d’un Chang Cheh de la fin des années 60) et je peux dire sans crainte de me gourrer qu’elle est la grande actrice romantique des années 2000. Son visage se prête à la déformation sans effets, la souffrance sexuelle se lit sur ses joues plutôt que dans ses yeux, et ses mains d’enfant reçoivent sans faire de différence des bagues ou des sabres. Elle pleure bien. Son hystérie est non explosive. Son anti actor-studioïsme est une preuve d’intelligence. Une autre preuve d’intelligence : elle ne donne pas envie d’elle, mais de ses partenaires, parce qu’elle a envie d’eux. Elle sait qu'un film fait ricocher les désirs. De ce point de vue, elle est aussi la messagère des cinéastes. Parfaite. A part Jennifer Garner, je ne vois personne à son niveau. Elles, je les embrasse toutes les deux sur la bouche.

American Dream Part II

American Dream Part II
Une autre histoire, toujours californienne, toujours vraie. Un après-midi - c’était quelques jours après avoir rencontré Paris -, j’ai accompagné un ami chroniqueur dans une émission de mode sur le lieu d’une interview. On prend Sunset vers Beverly Hills et à droite Rexford Drive, pour ceux qui connaissent. On rate l’entrée c’est bien normal puisqu’elle est de l’autre côté de la route, mais eux, sur le perron, ne nous ont pas raté. Deux crâne rasés gros bras sous marcel noir nous accueillent, plantés juste en face de la statue de style grec qui honore le jardin, ils nous saluent en donnant l’impression de nous fouiller même s’ils ne nous touchent pas et d’un coup un type arrive et crie “bonjour les mecs”, le type c’est Christian Audigier.

Christian est le fondateur de Von Dutch, vous voyez. Dans l’entrée, il nous présente à sa Harley Davidson offerte par Johnny, “mon ami”, il explique qu’il s’est installé là il y a deux ans et qu’il venait de Thaïlande, qu’il était dans la même galère que Michael Blanc, ce mec emprisonné pour trafic que Ardisson défendait tout le temps, eh bien lui, Christian, s’est cassé de là en payant, il ne nous dit pas qui il nous dit seulement qu’après avoir dû abandonner sa boite de nuit là-bas il est arrivé ici et a eu envie de créer sa marque, et qu’en six semaines, après avoir refilé ses casquettes à Britney Spears et Justin Timberlake il a connu un succès foudroyant. En deux mois, alors qu’il avait 800 dolls sur lui en arrivant à LAX, il s’achetait cette baraque dans Beverly Hills, pas décorée toscan comme c’est le chic suprême par ici, mais quand même, une dizaine de pièce piscine et jardin.

L’accent sentier est marqué parce que Christian, un peu plus de 45 ans, est fatigué. Il y a deux semaines, il a fait une attaque cardiaque. Il s’installe sur son canapé de salon qui est en fait un assemblage de trois canapés aux motifs Von Dutch imprimés sur toute la surface, la pièce doit faire quarante mètres carrés, le canapé en prend les deux tiers, Christian aime son canapé parce qu’il peut s’étaler devant son écran plasma où il se passe des vidéos réalisées par un ami pour faire sa promotion, c’est lui qui le dit.

Pendant l’interview, au cours de laquelle il fait preuve d’une redoutable intelligence situationnelle mais pas au point de m’intéresser plus que la maison, je tente de me balader dans les autres pièces mais les deux mecs de tout à l’heure m’en empêchent disons qu’ils se font comprendre sans avoir à parler, ils me tendent un verre d’eau pour que je le boive et que je ne marche pas.

En passant la tête à l'extérieur de la pièce je vois quand même la femme de Christian, une brésilienne d’environ 25 ans, qui me sourit. Nous passons tous à la piscine où Christian termine l’entretien entouré de deux filles qui portent les vêtements de sa nouvelle marque ODG, d’après son nom, il vient de quitter Von Dutch nous dit-il pour se lancer dans une autre aventure ce qui je dois le dire m’impressionne. Ce type a une confiance folle en lui et j’ai envie de lui faire des bisous. Pour expliquer le look de ses nouveaux jeans assez hideux, très taille basse et parsemés de gouttes de peinture genre je sors de mon atelier mais j’ai quand même envie d’exciter mon mec, Christian détaille son inspiration. Il dit qu’il a voulu une “esthétique artistique infuencée par les peintres tachistes comme mon ami Jason Pollock”.

“Jason que j’adore”, il ajoute, oui “Jason que j’adore”, et là bien sûr je réprime un fou rire mais pas le temps parce que les filles prennent la pose au bord de la piscine pieds nus et elles crèvent de chaud ça se voit mais Christian les enserre et elles ne bronchent pas, ellles regardent ailleurs et rigolent par moments à ses blagues.

Direction la chambre. Non, il ne les baise pas mais il nous montre son mobilier et moi je remarque que seuls deux objets à caractère non strictement décoratif y ont trouvé place : un album rétrospectif de photographies de Helmut Newton, et un DVD de ‘On boit frais à Saint Tropez”. La visite se termine dans la pièce de création où traînent des photos de célébrités et Christian a l’idée comme ça, flash, de faire un film sur lui et que nous le realisions mais on lui explique que ce n’est peut-être pas une si bonne idée et du coup il nous parle de ses autres amis stars, à part Jason, tous ces gens dont il ne se souvient plus du nom sauf Paris, “elle Paris c’est ma copine” et nous sortons non sans avoir tourné un dernier plan de lui démarrant sa moto.

Paris in Los Angeles

Paris in Los Angeles
“Ne sortez jamais quand il pleut, sauf si vous avez un parapluie Gucci”

N’ayant pas donné de raison à mon absence prolongée de ce blog (cruel summer?), je n’en donnerai pas plus sur mon retour. Disons seulement que la vie en pop m’est apparue moins urgente. Depuis, j’ai rencontré Paris Hilton.

Je vous dois bien de raconter l’affaire. C’était sur Sunset Boulevard, dans une librairie tout à fait respectable, en face du Tower Records, pour ceux qui connaissent. Avant Hunter Thompson le mois prochain, “Book Soup” accueillait l’ultrablonde pour la signature de son premier livre, “Confessions of an heiress”, précis de pop culture extravagant dont je me delecterai dans les jours qui viennent de parsemer ce blog d’extraits délicieux. Sur le trottoir, deux cent personnes font la queue avec moi. Parmi elle, deux adolescentes en mini et talons, tank top échancrés, toutes chairs dehors, se distinguent : elles sont bâties sur le même modèle que Paris et son amie Nicole Richie dans “The Simple Life”. C’est voulu. Elles ont dix-sept ans, elles veulent ressembler à Paris et Nicole sur ce trottoir de Hollywood et elles posent pour les paparazzi. A part ces deux teenage girls, la foule est mixte : pas mal de caricatures lumpen (Paris est riche donc elle est leur idole) et lumpen-chic (pédés, allumés, moi).

De l’autre côté du Boulevard, une cinquantaine de babos version troisième millénaire déploient des pancartes et crient des slogans comme ”Paris, tu n’as pas de talent”. Certains sont plus inspirés mais je ne m’en souviens plus. En gros, c’est une manif anti Paris Hilton. La caissière de la libraire, qui a sans doute lu Guy Debord, me glisse qu’elle pense que ce sont les attachés de presse de la miss qui ont payé ces jeunes gens pour faire semblant de manifester contre elle. Je ne sais pas pourquoi mais je pense à ce moment là au fait que le film de Michael Moore va faire gagner l’eléction à Bush.

Je profite de la petite heure que j’ai devant moi (mon numéro de ticket : 191) pour lire la feuille de recommandations donnée avec le livre pour que je me comporte bien avec la star. “On ne personnalise pas la signature / NO PHOTOS NO PHOTOS NO PHOTOS / Paris Hilton ne signera que des livres” etc. Comme si j’allais lui faire signer mon téton. Les cinquante neuf minutes restantes sont consacrées à refléchir à ce dont je pourrais parler avec elle. Je sèche comme un con. “Je n’ai rien à vous demander mademoiselle, je préférerais vous regarder”, voilà ce que je voudrais lui dire mais en aurai-je le courage ?

La réponse est non. Arrivée devant elle, je marmonne un truc débile du style “Je suis venu de France pour vous voir” et je crois qu’elle sens que ce n’est pas vrai et elle fronce les yeux comme un chat et dit “Coooool”. Je suis tétanisé et le temps qu’elle met à faire un coeur et à griffonner son nom me parait infini et à elle aussi sans doute puisqu’elle lance un “What’s up?” digne d’une pornstar. Je ne réponds pas je suis trop ébloui par sa blondeur, je veux dire que j’en ai mal aux yeux. Elle dit “Nice meeting ya” et je dis “Hey, bye” et je me retrouve seul dans le couloir vers la sortie. Un ami qui passait après moi a tenté “j’ai rêvé que vous deveniez brune” et elle a répondu “j’aime bien mes cheveux comme ça”.

Juste avant de repartir vers la maison, je décide avec mes amis d’attendre Paris derrière la librairie, pour voir sa sortie. C’est quoi une sortie de star ? Là, il y a un couple de mexicains avec leur bébé qui ne doit pas avoir plus d’un mois, et une quinzaine de personnes dont un jeune couple utra fringué mais vulgaire, du genre qui dépense des sommes ahurisssantes chez Bloomingdale’s mais n’aura jamais la classe. Paris descend un escalier de service et rentre dans une voiture noire au vitres teintées seulement à l’arrière qui nous envoie ses phares à la gueule pour ne pas qu’on filme. La mère du bébé mexicain l’appelle en lui baragouinant que la photo qu’ils ont prise à l’intérieur n’a pas marché et qu’ils veulent recommencer. Paris dis “OK, come here” et trente secondes plus tard ils reviennent vers nous les yeux remplis d’étoiles comme s’ils venaient de voir le pape, je pense que c’est à peu près ça. Leur bébé a commencé sa vie auprès de Paris Hilton, je suis prêt à parier que c’était sa première sortie.

La voiture de Paris passe enfin devant nous, et quand elle s’éloigne, cette jeune fille de 23 ans passe sa main à travers la vitre et miaule (oui elle ne parle pas elle miaule) “Good night thank you guys so much” et je remarque que le jeune couple chic mais toc a disparu mais pas pour longtemps car je les vois au volant d’un hummer qui ferait frissonner Skoteinos de rage, prêts à démarrer, ce qu’ils font au passage de la limo de Paris Hilton, avant de s’enfoncer dans la nuit sur son sillage.

Paris Hilton, la charité mon cul !

Paris Hilton, la charité mon cul !
Hilton Settles Lawsuit with Sex Tape Co-Star

Hotel heiress Paris Hilton and ex-boyfriend Rick Salomon have allegedly ended their legal battle over their infamous sex tapes. The Simple Life reality TV star has accepted the humiliation caused by Salomon - who videotaped and marketed their saucy romp - in return for a cut of the profits, reports American website New York Daily News. A close source claims Salomon and film company Red Light District Video have agreed to pay the blonde beauty more than $400,000 and a percentage of the sales of their release One Night In Paris - Salomon has consequently dropped a lawsuit which accused Hilton and her representatives of defaming him. Salomon's lawyer, Marty Singer, confirmed the settlement but wouldn't discuss "the terms of the arrangement." Hilton's friend argues, "Paris is certainly not capitalizing on the tape. She has insisted that an ample portion of the proceeds are donated to charity."

Cameron Diaz, Paris Hilton, même combat

Cameron Diaz, Paris Hilton, même combat
En vrai star hollywoodienne, Cameron Diaz n'a pas fait dans le porno amateur, comme sa jeune collègue ultrablonde, mais c'est assez kinky comme ça... A qui le tour la prochaine fois ? Britney et sa nuit à Las vegas ? Mariah Carey et son test screen pour Russ Meyer?
Sur imdb.com
Diaz Chases Website Over S&M Footage

Hollywood star Cameron Diaz is trying to block a Russian internet site from offering video footage of a saucy movie she made before she was famous. The Charlie's Angels star, 31, has spent the last year battling to stop the release of footage of her topless and wearing fishnet stockings in the 1992 'S&M' film. But website Scandal-inc.Com is now offering pay-per-view customers the chance to watch the semi-nude star performing role play with a brunette and man in shackles and using a can of compressed air "for a purpose probably not recommended by the manufacturer" in the film they are calling She's No Angel: Cameron Diaz. A press release for Scandal-Inc.com claims they obtained rights to the film from a distributor who bought them from photographer John Rutter - who made the film. But Rutter's lawyer tells the New York Daily News, he "has nothing to do with this web site. This video has been in existence for 12 years. Someone must have gotten a copy." According to Diaz's representatives, a Los Angeles Superior Court judge has issued an injunction banning anyone from distributing photos and video from the film. A cease and desist letter has been sent to the website's owners.

Immortel ?

Immortel ?
Bowie Recovering from Heart Surgery

Veteran rocker David Bowie underwent heart surgery last month after axing the remainder of his European tour with severe shoulder pain. The star was rushed to hospital in Germany, days after collapsing on stage in the Czech Republic on June 23, with what was reported to have been a pinched nerve. However, his spokesman has now revealed the singer underwent an angioplasty procedure to treat "an acutely blocked artery". But the representative has assured fans that Bowie - who had a mesh-like metal device inserted into his artery during the complicated procedure - is making a good recovery. He says, "He is at home in New York convalescing with his wife and daughter." Surgeons operated on Bowie after he struggled thorough his performance at the Hurricane Festival in Schessel on June 25. The singer was released from St Georg Hospital in Hamburg earlier this week.

Faire déborder Michael Moore

Michael et les images
Je me dis de plus en plus qu’on aurait tort de prendre Michael Moore pour un gugusse facile à écarter de nos bras de critiques « avisés », en attaquant ses films seulement pour des raisons ayant trait à une « morale du regard », celle du « vrai cinéma ». Ce sont des arguments valables bien sûr. Exemple : il suffit, pour comprendre comment Moore filme mal son « ennemi » dans « Bowling for Columbine », de comparer la scène finale, avec Charlton Heston, au travail de Claude Lanzmann dans « Un vivant qui passe ». Mais cela ne suffit pas.

Big Fat Michael est autre chose qu’un documentariste agité ou un journaliste égaré. Qu’on le veuille ou non, il est au centre du flux des images. Son travail doit être pris comme un syndrome ultra-contemporain, une forme hybride qui emprunte autant au cinéma militant qu’à la télévision. En quoi « Farenheit 9/11 » est un sale film, mais un film de 2004, contemporain de « Ten » d’Abbas Kiarostami, de certaines vidéos de Sophie Calle, des Colocataires, etc… Voilà ce que j’aimerais lire dans le déluge d’articles qui sortent ces jours-ci… et que je n’ai pour l’instant trouvé que dans… Métro, le gratuit, sous la plume d’un certain Jérôme Vermelin qui écrit :

« A une époque où les genres cinématographiques et télévisuels se multiplient et se confondent, on se demande par instants si Farenheit 9/11 est, au choix : a) un remake de La guerre des mondes ; b) une version géopolitique de la télé réalité ; c) l’épisode III de Star Wars avec un an d’avance et sans les soucoupes volantes. Un peu des trois ? Ou bien pire… »

C’est un début…

Est-ce ainsi que les gens vivent ?

Est-ce ainsi que les gens vivent ?
Extrait d'un email reçu pour assister à l'avant-première d'un film à Los Angeles.

IMPORTANT INFORMATION: 

No one will be admitted if they are directly or associated with the entertainment industry, marketing, advertising, journalism, or any media related business including the internet. No one will be admitted to this recruited audience test preview who appears dirty or unkempt, intoxicated, under the influence of drugs, or who may interfere in any way with the enjoyment of the movie. Since this is a privately recruited audience, if you or your guest do not meet this criteria or any other criteria we feel will not fit the demographics and conditions of the screening, you and your guest will not be admitted or given a ticket. We reserve the right to cancel the screening at anytime. We reserve the right to expel or turn away any person from a screening. We reserve the right to refuse an invitation to any person during a recruit. No backpacks, large bags, video recording equipment, cameras or cell phones that have cameras will be allowed in the screening. We are not responsible for any personal items that are lost or left.

A star is born

A star is born
A star is born
Les vingt dernières minutes de la finale dames de Wimbledon 2004 (cet après-midi) ont déjà marqué l'histoire. On y a vu en direct l'invention d'un corps. Maria Sharapova, jeune sibérienne de 17 ans, a battu Serena Williams en deux sets.

Mais là n'est pas la question. La question, c'est elle : svelte et puissante, gracile et violente, elle a déjà complètement changé le standard du tennis féminin, dominé jusque là par les forces de la nature (Mauresmo) ou les petites énervées (Justine H.).

Le tennis ne m'intéresse plus depuis longtemps, alors pourquoi ce retour d'affection maintenant ? Réponse : toujours la force de l'apparition, cette émotion de voir un corps abolir la distance entre ce qu'il pense pouvoir et ce qu'il peut vraiment. L'essence du sport et du spectacle évidemment. La conjonction était évidente chez Sharapova. Je l'aime pour ça.

He's a ghost

Il est mort
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